20 mai 2009
Fête de nuit
À Paulowski tout est prestige :
Jardin, musique ; mais le soir
Le rhume à son aise y voltige,
Prenant son aile pour mouchoir.
La fraîcheur tombant de la nue
Met une perle à tous les nez ;
Gluck tousse, Mozart éternue
Dans les cuivres enchifrenés.
La chandelle humide et flasque
Débande sous l’archet mouillé,
Et la peau du tambour de basque
Plisse comme un gros cul mouillé.
Au banc où siègent les coquettes
Si quelque désir vous guidait,
Poussez hardiment vos conquêtes :
Chaque banquette est un bidet.
Théophile Gautier
Toujours et encore du Gautier, l'intarissable verve du maitre de la poésie libertine.
23 décembre 2008
Mon cul
Il était naguère
Un roi de Bavière
Toujours suivi
D’un mortel ennui
Qui ne le quittait guère.
Un soir, sous l’ombrage,
Seul avec son page
Il entendit dans la forêt
Une voix qui chantait :
Moi je suis putain,
Sacré nom d’un chien !
Et pour un écu
Je fais voir mes fesses.
Moi, je suis putain,
Sacré nom d’un chien !
Et pour un écu,
Je montre mon cul.
Mais quelle est donc
Cette vois de fauvette
- Sire, c’est Agnès
Qui se branle seulette
Et qui s’en va chantant
Ce refrain si charmant :
Moi je suis putain, etc.
Ah ! ma petite putain,
Comme tu baises bien !
Ton con chausse mon vit
Comme une châsse
Ah ! ma petite putain
Comme tu baises bien !
Ton con chausse mon vit
Comme un écrin.
Anonyme (1848)
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