02 juillet 2009
Mon ame soeur
Vénus teignit la rose blanche
De son sang, divine liqueur :
Du nectar que ta fleur épanche
Réserve un rubis pour mon cœur ;
Teins de ta pourpre cette soie,
Et fais, par un charmant retour,
Du ruban blanc que je t’envoie
Le ruban rouge de l’amour.
Theophile Gautier
La désillusion de trouver l'ame soeur qui brillerait comme un phare au milieu de la nuit, au milieu de nulle puisque je ne sais plus où je suis arrivé, je ne sais même pas si j'ai avancé d'un pas ou reculé de dix mille.
20 mai 2009
Fête de nuit
À Paulowski tout est prestige :
Jardin, musique ; mais le soir
Le rhume à son aise y voltige,
Prenant son aile pour mouchoir.
La fraîcheur tombant de la nue
Met une perle à tous les nez ;
Gluck tousse, Mozart éternue
Dans les cuivres enchifrenés.
La chandelle humide et flasque
Débande sous l’archet mouillé,
Et la peau du tambour de basque
Plisse comme un gros cul mouillé.
Au banc où siègent les coquettes
Si quelque désir vous guidait,
Poussez hardiment vos conquêtes :
Chaque banquette est un bidet.
Théophile Gautier
Toujours et encore du Gautier, l'intarissable verve du maitre de la poésie libertine.
23 avril 2009
Concordances
Dieu fit le con, ogive énorme,
Pour les chrétiens,
Et le cul, plein-cintre difforme,
Pour les païens ;
Pour les sétons et les cautères
Il fit les poix,
Et pour les pines solitaires
Il fit les doigts.
Théophile Gautier
le poète libertin
11 avril 2009
Gautier le libertin
Chenavard, que le spleen étripe,
De dégoût laisse choir sa lippe
Sur son nombril ;
Pour peu que plus bas elle arrive,
Il mêlera foutre et salive
Dans son pénil.
Theophile Gautier
Encore un petit poeme libertin de Theophile Gautier pour tous les amateurs de poesie libertine qui passe ici.
29 mars 2009
Femme du monde en furie
Cette femme du monde,
Pâle et blonde,
Qu’on voit d’un pas pressé,
L’œil baissé,
Filer sous les grands arbres
Loin des marbres,
Héros, Amours, Bergers,
Trop légers,
S’en va vers un coin sombre
Voilé d’ombre,
Derrière les massifs
De vieux ifs.
Sans manteau qui la drape
Un Priape
Lascif dresse en ce lieu
Son long pieu,
Que couronne d’acanthe
La bacchante.
Par delà le nombril
Son outil
Lui monte jusqu’au buste,
Gros, robuste,
Par le chaud, par le froid,
Toujours droit.
Sous l’acier qui paillette
Sa voilette,
Le cachemire long
Au talon,
Cette sainte Nitouche
Qu’effarouche
Le moindre mot plaisant
Non décent,
Chaque soir rend hommage
À l’image
Que le gamin impur
Trace au mur.
Sur le dieu de Lampsaque
Elle braque
Son lorgnon et ses yeux
Curieux,
Et d’un regard de chatte
Délicate
Croque comme un oiseau
Ce morceau.
Foin de ces dieux superbes,
Mais imberbes,
Qui vous montrent un nu
Si menu.
La plus chaste matrone,
Dit Pétrone,
Toujours volontiers vit
Un gros vit !
Theophile Gautier
24 mars 2009
Poeme libertin de Theophile Gautier
Dans un café plus noir qu’un antre,
En rang d’oignons sur un bahut,
Six coquins regardent un ventre
Qui danse tout seul le chahut.
Avec ce ventre ferme et lisse
Qu’agite un tordion subtil
Plus d’un galant, sans la police,
Irait bien trinquer du nombril.
À Gérome
Theophile Gautier
30 janvier 2009
Enculer les anges
Lorsque les deux Anges blondins
Aux sodomites apparurent,
Deux de ces maudits citadins
Aussitôt après coururent.
Les anges eurent beau voler,
Les autres pour les enculer,
Si fort à leurs dos se lièrent,
Qu’emportez au ciel tout brandis,
En déchargeant ils s’écrièrent,
Ah ! nous sommes en Paradis.
Anonyme (1735)
Dans un monde où la sodomie est parfois interdite selon l'espace et le temps, il est drôle d'en rire, à défaut d'en prednre plaisir...
19 janvier 2009
Chatte
Tu prends demain pour femme une vierge ingénue ;
Sache tout calculer, c’est ton premier devoir !
Mais, pour ne pas noicir trop la chatte nue,
Commence par le « doit ». On finit par l’« avoir »
Anonyme (1927)
La chatte, toute une histoire, de moins en moins poilue, de plus en plus rebelle, elle suit une évolution qui intéresserait Charles Darwin à plus d'un titre. Les chattes sont les yeux et la bouche du bas ventre, une bouche vorace qui bave d'appétit, mais qui jamais ne doit montrer sa voracité monstrueuse.
12 janvier 2009
Gode
Il est un petit gode
Plus beau que celui de flore
Venus en a fait don
A la beauté que j’adore
L’amour qui la forma
Sur celui de sa mère
Fut à ce travail-là
Privé de lumière.
J’ai vue ce joli gode
C’était toute mon envie
J’en ai perdu la raison
J’en perdrai bientôt la vie.
Je n’en murmure pas
Ma vie est peu de chose
Et je vois trop d’appas
A mourir pour la rose
Anonyme (1750)
02 janvier 2009
Salope
J’apperçois ma Janneton,
Faisant la barbe à son Con,
Avec un rasoir,
Devant un miroir,
Ah ! la jolie posture ;
Je lui ai dit, que fais-tu là ?
J’embellis la nature, lon la.
J’embellis la salope.
Et quand vous l’aurez rasé
Donnez m’en du plus frisé,
Pour faire un habit
A mon pauvre vit,
Ah ! la jolie fourrure ;
Cupidon sera la tailleur,
Il en sçait la mesure, mon cœur,
Il en sçait la mesure.
Anonyme (1735)
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