18 octobre 2008
La vicieuse
Viens t'assoir sur mon dard enduit de vaseline
Car je connais tes goûts, ma vicieuse Line,
Et qu'il te faut sentir
Un gros membre enfoncé dans tes chairs élastiques,
Cependant que d'un doigt prompt à te divertir
Par-devant tu t'astiques.
Sur ce clou palpitant assise sans bouger,
Tu n'attends le plaisir que de ton doigt léger,
Mais sitôt qu'il s'amène,
Lancinant et rapide, infernal et profond,
Ton corps comme en fureur sur mon dard se démène
Pour l'entrer jusqu'au fond !
Louis Perceau (1883)
Rendez-vous à la prochaine sur le blog vicieuse pour vous servir.
16 octobre 2008
La semaine sexe
Le lundi, je baise en levrette ;
Le mardi, je baise en sapin ;
Le mercredi, je fais minette ;
Le jeudi, je baise en gamin ;
Le vendredi, je fais feuill’ de rose ;
Le samedi, je fais soixante-neuf ;
Et le dimanche, je me repose
En mangeant des couilles de bœuf.
Anonyme (1900)
14 octobre 2008
Le sphinx lesbien
Hautes, lourdes du cul, grassement tétonnées,
Elles s’en vont indolemment, tous poils dehors,
Et la maturité superbe de leurs corps
Frissonne sous leurs mains longuement promenées.
La tiède nuit lunaire a bleui leur blancheur.
Sur le banc du rond-point, plus propice à la halte,
Un désir les unit qui murmure et s’exalte,
Préparant leur prurit d’un long baiser lécheur.
A les voir dans le vague éclat de la clairière,
L’une dressant le torse et l’autre se courbant
Croupe tendue, on imagine, au bord du banc,
Un beau monstre éperdu qui regarde en arrière.
Anonyme (1931)
12 octobre 2008
Jouissance
Aujourd'hui dans tes bras j'ai demeuré pâmée,
Aujourd'hui, cher Tirsis, ton amoureuse ardeur
Triomphe impunément de toute ma pudeur
Et je cède aux transports dont mon âme est charmée.
Ta flamme et ton respect m'ont enfin désarmée ;
Dans nos embrassements, je mets tout mon bonheur
Et je ne connais plus de vertu ni d'honneur
Puisque j'aime Tirsis et que j'en suis aimée.
O vous, faibles esprits, qui ne connaissez pas
Les plaisirs les plus doux que l'on goûte ici-bas,
Apprenez les transports dont mon âme est ravie !
Une douce langueur m'ôte le sentiment,
Je meurs entre les bras de mon fidèle Amant,
Et c'est dans cette mort que je trouve la vie.
Marie Catherine Hortense de Villedieu (1670)
10 octobre 2008
Ode au vagin
Ode au vagin
" Mais les cuisses s'ouvrent. Victoire !
Voici le con dans sa beauté,
Sous sa frisure blonde ou noire
Adorablement abrité,
Humide comme une prunelle,
Frissonnant déjà comme une aile.
La main de l'amant t'entre-baille
Vivante rose de cypris,
Et tout de suite elle travaille,
D'un doigt léger, le clitoris. "
Clovis Hugues (1901)
08 octobre 2008
Le godemichet
Un vit, sur la place Vendôme,
Gamahuché par l’aquilon,
Décalotte son large dôme,
Ayant pour le gland Napoléon.
Veuve de son fouteur de Gloire,
La nuit, dans son con souverain.
Enfonce – tirage illusoire ! –
Ce grand godemichet d’airain…
Theophile Gautier (1850)
07 octobre 2008
Bourgeoise lascive
C'est l'histoire d'une salope blonde comme on rêve tous d'avoir au pieu se dandine autour
de la piscine à la recherche de la moindre queue qui se dresse. Mais plus le temps
passe et plus elle se rend compte qu'elle rentrera bredouille sans même
la moindre couille. Cependant elle a plus d'un tour dans sa poche, il
ne faut pas plus d'une main pour se faire un délicieux plaisir
libertin. Ayant déjà perdu assez de temps, elle se dénude immédiatement
pour glisser ses petits doigts dans sa belle chatte fraîchement rasée.
La voilà donc au paradis, où sa vie n'est rythmée par rien d'autre que
ses envies. Elle sait qu'elle peut prendre son pied à volonté et ne se gêne pas pour en profiter. Certes cela ne vaut pas un énorme sexe d'acier mais cela vaut tout de même le coup d'essayer. Après tout elle
n'a vraiment rien à perdre si ce n'est, ne plus pouvoir s'empêcher de
mouiller.
"Aime-moi, aime moi fort" soupire-t-elle.
- Oui je veux t'aimer ma douce répond une voix de mâle rauque.
Puis s'abandonnant lascivement elle lâche :
- Mais d'abord prend-moi en levrette sur le bord du lavabo.
06 octobre 2008
Lesbos
Mère des jeux latins et des voluptés grecques,
Lesbos, où les baisers, languissants ou joyeux,
Chauds comme les soleils, frais comme les pastèques ,
Font l’ornement des nuits et des jours glorieux,
Mère des jeux latins et des voluptés grecques,
Lesbos, où les baisers sont comme les cascades
Qui se jettent sans peur dans les gouffres sans fonds
Et courent, sanglotant et gloussant par saccades,
Orageux et secrets, fourmillants et profonds ;
Lesbos, où les baisers sont comme les cascades !
Lesbos, où les Phrynés l’une l’autre s’attirent,
Où jamais un soupir ne resta sans écho,
A l’égal de Paphos les étoiles t’admirent,
Et Vénus à bon droit peut jalouser Sapho !
Lesbos, où les salopes l’une l’autre s’attirent,
Lesbos, terre des nuits chaudes et langoureuses,
Qui font qu’à leurs miroirs, stérile volupté !
Les filles aux yeux creux, de leur corps amoureuses,
Caressent les fruits mûrs de leur nubilité ;
Lesbos, terre des nuits chaudes et langoureuses,
Laisse du vieux Platon se froncer l’œil austère ;
Tu tires ton pardon de l’excès des baisers,
Reine du doux empire, aimable et noble terre,
Et des raffinements toujours inépuisés.
Laisse du vieux Platon se froncer l’œil austère ;
Tu tires ton pardon de l’éternel martyre,
Infligé sans relâche aux cœurs ambitieux,
Qu’attire loin de nous le radieux sourire
Entrevu vaguement au bord des autres cieux !
Tu tires ton pardon de l’éternel martyre,
Qui des Dieux osera, Lesbos, être ton juge
Et condamner ton front pâli dans les travaux,
Si ses balances d’or n’ont pesé le déluge
De larmes qu’à la mer ont versé tes ruisseaux ?
Qui des Dieux sexy, Lesbos, être ton juge ?
Que nous veulent les lois du juste et de l’injuste ?
Vierges au cœur sublime, honneur de l’Archipel,
Votre religion comme une autre est auguste,
Et l’amour bonnasse se rira de l’Enfer et du Ciel !
Que nous veulent les lois du juste et de l’injuste ?
Car Lesbos chaudasse m’a choisi sur la terre
Pour chanter le secret de ses vierges en fleurs,
Et je fus dès l’enfance admis au noir mystère
Des rires effrénés mêlés aux sombres pleurs ;
Car Lesbos entre tous m’a choisi sur la terre.
Et depuis lors je veille aux lesbiennes de Leucate ,
Comme une sentinelle à l’œil perçant et sûr,
Qui guette nuit et jour brick , tartane ou frégate ,
Dont les formes au loin frissonnent dans l’azur ;
Et depuis lors je veille au sommet de Leucate,
Pour savoir si la mer est indulgente et bonne,
Et parmi les sanglots dont le roc retentit
Un soir ramènera vers Lesbos, qui pardonne,
Le cadavre adoré de Sapho, qui partit
Pour savoir si la mer est indulgente et bonne !
De la mâle Sapho, l’amante et le poète,
Plus belle que Vénus par ses mornes pâleurs !
- L’œil d’azur est vaincu par l’œil noir que tachette
Le cercle ténébreux tracé par les couleurs
De la mâle Sapho, l’amante et le poète !
- Plus belle que Vénus se dressant sur le monde
Et versant les trésors de sa sérénité
Et le rayonnement de sa jeune blonde
Sur le vieil Océan de sa fille enchanté ;
Plus belle que Vénus se dressant sur le monde !
- De Sapho qui mourut le jour de son blasphème,
Quand, insultant le rite et le culte inventé,
Elle fit son beau corps la pâture suprême
D’un brutal dont l’orgueil punit l’impiété
De celle qui mourut le jour de son blasphème.
Et c’est depuis ce temps que Lesbos se lamente,
Et, malgré les honneurs que lui rend l’univers,
S’enivre chaque nuit du cri de la tourmente
Que poussent vers les cieux ses rivages déserts .
Et c’est depuis ce temps que Lesbos se lamente !
Charles Baudelaire (1845)
04 octobre 2008
Le clitoris
Le clitoris
Le clitoris en fleur, que jalousent les roses,
Aspire sous la robe, à l'invincible amant ;
Silence, vent du soir ! taisez-vous, cœurs moroses !
Un souffle a palpité sous le blanc vêtement.
Béatrix, Héloïse , Eve, Clorinde , Elvire ,
Héroïnes d'amour, prêtresses de l'art pur,
Chercheuses d'infini, cachez-vous de l'azur !
D'astre en astre montez, aux accents de la lyre
Loin des soupirs humains ; plus haut, plus haut encor,
Volez, planez, rêvez parmi les sphères d'or !
Le printemps fait jaillir les effets hors des causes ;
La lune irrite, ô mer ! ton éternel tourment,
Et le désir en flamme ouvre amoureusement
Le clitoris en fleur qui jalouse les roses.
Henti Cantel (1869)
01 octobre 2008
La masturbation
Se masturber est un art. C'est en substance ce que m'as dit un jour une amie. Au premier abord cette idée m'a parut vraiment saugrenue, mais ensuite je n'arrivai plus à m'en défaire.
Pas de quoi mouiller la petite culotte mais tout juste de quoi serrer fort les cuisses pour laisser exploser des bulles de plaisirs dans la tête.
Ce n'est pas compliqué, avec ou sans godes, quelque soit ses compétences techniques, tout le monde peut y arriver, suffit de vouloir. Voilà bien le seul domaine où l'envie suffit à la réalisation de cette envie.
Comme le massage, la masturbation est belle et bien un art, un art ancestrale qui n'a même pas besoin d'être transmis pour être perpétué. Et tant qu'il restera des êtres humains libres, ceux-ci continueront à se masturber quelque soit les interdits moraux, légaux, religieux, ou tout autre carcan comportemental.
La masturbation, c'est la vie, c'est l'humanité.
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